Le 10 décembre est la Journée internationale des droits humains.

La Table appuie la campagne de cartes d’Amnistie internationale. Aidons les défenseures et défenseurs d

es droits humains

Il est facile de participer en ligne http://marathons.amnistie.ca.

#MarathonsAI2017    /   #Brave   /   #EcrireCaLibere

Si vous cherchez des suggestions, la Table a identifié 5 personnes (sur les 10 de la campagne) qui défendent des droits humains et qui sont particulièrement liées au milieu associatif.

MÉLANIE MORRISON – Canada : lutte pour que justice soit rendu aux femmes autochtones

https://agir.amnistie.ca/page/16401/petition/1

Melanie fait partie d’un imposant mouvement national de familles de femmes autochtones disparues et assassinées. Elle vit à Kahnawake, au sud de Montréal. En juin 2006, sa soeur Tiffany disparait. Sa famille pressent qu’un évènement grave est arrivé. Tiffany, mère d’une petite fille, ne pouvait être partie en abandonnant son enfant. La police de la réserve, les peacekeepers de Kahnawake, ouvre alors une enquête. C’est seulement quatre ans plus tard, que des restes du corps de Tiffany sont retrouvés. L’affaire est alors transférée à la Sûreté du Québec. Melanie s’est mobilisée inlassablement pour encourager les éventuels témoins à rompre le silence. Elle considère que les dernières années ont été difficiles, en grande partie parce que l’enquête sur le meurtre de sa soeur a été mal dirigée par la police. Elle continue à militer, avec d’autres familles, qui se battent pour obtenir des réponses et pour éviter qu’elles ne passent par les mêmes épreuves. Elle a travaillé aux différentes étapes menant à l’ouverture de l’enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (FFADA). Elle est membre du cercle consultatif familial pour l’enquête. Son profond militantisme lui a valu en mai 2017 de figurer parmi les récipiendaires du prix Ambassadeurs de la conscience, aux côtés du sénateur Murray, Deliah Saunders, Melissa Mollen Dupuis, Widia Larivière, Cindy Blackstock et Alicia Keys. « Je parle tout le temps à ma soeur et je lui rappelle sans cesse que je ne me reposerai pas tant qu’elle-même n’aura pas trouvé le repos. Et ce repos, elle ne le trouvera que lorsque son meurtrier sera face à la justice. Je veux que tous ces cas soient mieux gérés afin que les autres familles n’aient pas à se battre pour obtenir un traitement équitable de leur cause.»

 SHACKELAI JACKSON – Jamaïque : militante en lutte contre l’impunité de la police

https://agir.amnistie.ca/page/16403/petition/1

Le 20 janvier 2014, plusieurs policiers se sont rendus dans une rue de Kingston, en Jamaïque. Ils étaient à la recherche d’un homme portant des dreadlocks. Arrivés devant le restaurant de Nakiea Jackson, ils lui ont demandé d’ouvrir la porte. Quelques instants plus tard, deux coups de feu ont retenti. Nakiea a été traîné, sans vie, hors du bâtiment et poussé dans un véhicule de police. Depuis sa mort, sa soeur Shackelia se bat en première ligne pour découvrir la vérité et faire traduire en justice les responsables présumés de cet homicide. Et c’est loin d’être facile. Un policier a été inculpé mais la police a tenté d’intimider Shackelia, sa famille et les autres personnes concernées par l’affaire. Des policiers ont effectué des descentes dans le quartier, la famille a été harcelée et intimidée au tribunal et l’enquête préliminaire a dû être abandonnée parce que l’un des témoins avait peur de comparaître. Pour cette dernière raison, Shackelia et sa famille vont probablement devoir attendre longtemps, peut-être des années, avant que l’enquête sur la mort de Nakiea n’aboutisse. Shackelia est déterminée à obtenir justice pour son frère, « Je me bats parce que je n’ai pas d’autre choix, explique-t-elle. Parce que si je m’arrête, je donne à un autre policier l’autorisation de tuer un autre de mes frères. ». Aujourd’hui, elle s’exprime ouvertement au nom de Nakiea mais aussi des nombreuses victimes de violences policières en Jamaïque – et de leurs familles.

TANER KILIÇ ET AUTRES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS – Turquie : emprisonnés pour avoir défendu les droits humains

https://agir.amnistie.ca/page/16404/petition/1

Pour İdil Eser, la directrice d’Amnistie Turquie, cela aurait dû être une journée ordinaire. Ce jour de juillet 2017, elle participait à Istanbul à un séminaire réunissant des défenseurs des droits humains. Elle était accompagnée de son amie Özlem Dalkıran, fondatrice d’Amnistie Turquie, engagée aujourd’hui à Avaaz et la Citizens’ Assembly. Alors que la troisième journée du séminaire allait commencer, la police a pénétré dans le bâtiment et a arrêté les deux femmes ainsi que huit autres personnes. Sous quelle accusation ? « Aide à une organisation terroriste », une allégation ridicule. L’interpellation des 10 d’Istanbul est intervenue après l’arrestation du président d’Amnistie Turquie, Taner Kiliç, qui est détenu depuis le 9 juin sous l’accusation absurde d’appartenance à une « organisation terroriste armée ». Ces arrestations sont les derniers épisodes en date d’une série d’initiatives du gouvernement en vue de réduire au silence celles et ceux qui le critiquent. Depuis la tentative de coup d’État de juillet 2016, plus de 150 000 informations judiciaires ont été ouvertes. Les 10 d’Istanbul ont consacré leur vie à défendre les droits des autres. Ils plaident pour la liberté et se battent pour que chacun en Turquie soit traité équitablement. Chaque jour qui passe alors que ces militants sont détenus, les personnes qu’ils défendent sont davantage exposées à la répression des libertés que mène le gouvernement.

HANAN BADR EL-DIN – Égypte : arrêtée pour avoir milité en faveur des victimes de disparition forcée

https://agir.amnistie.ca/page/16399/petition/1

La vie d’Hanan Badr el Din a basculé lorsque son mari a « disparu ». La dernière fois qu’elle l’a aperçu, c’était à la télévision. Il était à l’hôpital après avoir été blessé dans une manifestation, en juillet 2013. Mais lorsqu’elle s’est rendue sur place, elle ne l’a pas trouvé. Elle a écumé les postes de police, les prisons, les hôpitaux et les morgues. Personne n’a pu lui dire ce qui lui était arrivé. Le mari d’Hanan Badr el Din fait partie des centaines de personnes qui ont « disparu » alors qu’elles étaient aux mains des forces de sécurité égyptiennes. Tous les jours, en moyenne trois à quatre personnes – généralement des militants politiques, des étudiants ou des manifestants, et même des collégiens de 14 ans – arrêtées par des policiers ou des militaires égyptiens s’évanouissent ainsi dans la nature. On ne les revoit jamais. Et pourtant le gouvernement égyptien affirme que les disparitions n’existent pas dans le pays. Hanan n’a pas renoncé. Sa détermination à retrouver son mari l’a conduite vers d’autres personnes elles aussi sans nouvelles d’un de leurs proches. Elle a cofondé en 2014 une organisation qui se donne pour but de découvrir la vérité sur ces disparitions et est aujourd’hui en première ligne du combat pour la recherche des disparus en Égypte. Lors de sa dernière tentative d’obtenir des informations sur le sort de son mari, elle a été arrêtée et inculpée à tort d’appartenance à une organisation interdite, ce qui pourrait la conduire en prison pour au moins cinq ans.

XULHAZ MANNA – Bangladesh : assassiné pour avoir défendu les droits des LGBTIQ

https://agir.amnistie.ca/page/15855/petition/1

Xulhaz Mannan était chez lui avec un collègue lorsque des hommes se présentant comme des coursiers ont fait irruption et les ont été tués à coup de machette sous les yeux de la mère de Xulhaz, âgée de 75 ans. Xulhaz était l’un des fondateurs du seul magazine du Bangladesh consacré aux questions lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, intersexuées et queer (LGBTIQ), une entreprise risquée dans un pays où les relations entre personnes de même sexe sont illégales. On pense que ses agresseurs appartiennent à Ansar al Islam, un groupe extrémiste qui s’est rendu responsable d’une série d’attaques de ce type contre des blogueurs qui parlent de l’athéisme, du féminisme, de la science et d’autres questions liées à la laïcité. Malgré des éléments de preuve, en particulier des déclarations de témoins et des images de vidéosurveillance, personne n’a été inculpé pour ces assassinats commis en avril 2016. Et pour couronner la passivité de la police, les autorités en viennent à accuser les victimes. Peu après l’assassinat de Xulhaz, un ministre a déclaré que les mouvements qui font l’apologie des « relations sexuelles contre nature » ne sont pas autorisés dans la société bangladaise. Le manque de détermination des autorités à retrouver et poursuivre les assassins présumés de Xulhaz envoie un signal désastreux aux militants LGBTIQ et à toutes les personnes qui s’emploient à faire bouger les choses. Comme le dit le frère de Xulhaz, l’inaction de la police montre que « le gouvernement n’est absolument pas embarrassé […] et considère que “cette” question [des relations entre personnes de même sexe] s’est éteinte avec Xulhaz ».