Notre histoire

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Corporation à but non lucratif, la TRPOCB est incorporée depuis 1995. Elle tire toutefois son origine des débats et des discussions qui ont entouré la réforme du système de santé et des services sociaux.

De la Commission Rochon au dépôt du projet de loi 120

Vers le milieu des années 1980, la mise sur pied de la Commission Rochon a donné le coup d’envoi à un long processus de consultation qui, à terme, devait se traduire par une réforme en profondeur du réseau de la santé et des services sociaux. Les travaux de cette Commission ont dès lors suscité une importante mobilisation dans le milieu des organismes communautaires. Ces derniers ont d’ailleurs préparé environ la moitié des 800 mémoires qui y ont été présentés.Pendant que se déroulaient les travaux de la Commission Rochon, différents regroupements d’organismes communautaires conviennent alors de se rencontrer pour des échanges informels. Peu à peu, la nouvelle politique gouvernementale en matière de santé et de services sociaux se précise. En 1990, le gouvernement rend public son livre blanc intitulé Une réforme axée sur le citoyen et dépose, peu de temps après, le projet de loi 120.

À compter de cette date, une douzaine de Regroupements d’organismes communautaires et bénévoles décident de se réunir sur une base plus régulière afin de se pencher sur ce projet de réforme et d’en analyser ses conséquences.

Rapidement, les personnes qui participent à ces rencontres s’entendent pour dire que le projet gouvernemental a le mérite de reconnaître de façon formelle les organismes communautaires intervenant dans le domaine de la santé et des services sociaux. Il n’en demeure pas moins cependant que cette reconnaissance soulève d’importants enjeux, menaçant notamment l’autonomie des organismes communautaires et bénévoles.

Les modalités relatives au financement des organismes provoquent ainsi une première levée de boucliers. Le projet de loi prévoyait en effet l’obligation, pour les organismes communautaires, de participer à des plans régionaux d’organisation de services (PROS) pour recevoir du financement. Il s’ensuit une mobilisation importante qui culmine en juin 1991 par une manifestation «pique-nique» sur la colline parlementaire. Apparemment sensible aux arguments des groupes communautaires, le ministre Côté, alors titulaire de la Santé et des Services sociaux, s’engage à apporter les correctifs nécessaires. Trois mois plus tard la Loi est votée par le gouvernement. Depuis, le milieu communautaire attend toujours les amendements promis.

Encouragés par huit mois de collaboration et de discussion, un certain nombre de regroupements décident de poursuivre l’expérience autour d’une structure ponctuelle. La Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB) voit alors le jour. Ne comptant que 7 membres au départ, l’organisme s’élargit très rapidement aux représentant-e-s de plusieurs autres regroupements.

La mise sur pied des Tables régionales d’organismes communautaires

Les réformes du réseau de la santé et des services sociaux se caractérisent notamment par un effort de responsabilisation des citoyens-nes et par une régionalisation des services. La reconfiguration du réseau et ses transformations ont également un impact sur le mode de représentation des organismes communautaires et bénévoles actifs au Québec.

Avec les réformes gouvernementales dans le secteur de la santé, la nécessité de structures régionales s’impose bientôt, et ce, à l’échelle du Québec. Au début des années 90, de telles structures existaient déjà, mais seulement dans un nombre restreint de régions.

Dès cette époque, les représentants de la Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles appuient la mise en place de Tables régionales dans l’ensemble des régions du Québec. En 1992, la Table présente d’ailleurs un rapport intitulé : Régionalisation et démocratisation : pour une réelle participation des organismes communautaires et bénévoles. Dans ce document, la TRPOCB fait valoir qu’une telle structure pourrait d’abord permettre une concertation des organismes communautaires de chaque région en vue de l’élection des représentants et représentantes au sein du Conseil d’administration des régies régionales. Les Tables régionales devaient également servir de canal d’une part entre la Régie régionale et les groupes, mais aussi entre les élu-es du communautaire et les diverses organisations. En bref, ces Tables régionales devaient devenir l’interlocuteur privilégié des Régies.

En quelques années, pratiquement toutes les régions du Québec se dotent d’une Table régionale des organismes communautaires (TROC). Via leur propre structure de concertation au sein de la Coalition des TROC (CTROC) la TRPOCB entretient des liens étroits avec les Tables régionales.