Communiqué

Toute la société bénéficie du travail des groupes communautaires et de la diversité de leurs pratiques

Montréal, le 30 octobre. La Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB) dénonce la publication de « Prestataires de services ou groupes militants? L’institutionnalisation d’un lobbying circulaire au sein de l’État québécois » d’Étienne-Alexandre Beauregard et la promotion qui en est faite par certains médias. Le document propose d’abolir tout financement public destiné aux groupes communautaires « engagés dans des revendications militantes ». L’auteur s’en prend spécifiquement aux 350 groupes subventionnés par le volet Promotions des droits, du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, mais aussi à des centaines d’autres subventionnés par le Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) et d’autres programmes.

Ce document est publié par l’Institut Cardus, un « think tank » chrétien de droite. Par des affirmations trompeuses, l’auteur propose de subventionner uniquement les groupes qu’il juge utiles parce qu’ils rendent des services qu’il assimile faussement à des services publics. Il propose ainsi de cesser le financement public de tout groupe engagé dans une cause sociale, pour y défendre des droits menacés  «  Les sommes en cause ou le nombre de groupes touchés par un tel projet antisocial ne changent rien : si l’État cessait de soutenir les groupes agissant de différentes manières en faveur des droits, il se dégagerait encore plus de ses responsabilités face au respect des droits garantis par nos Chartes et par de nombreux textes internationaux », relève Stéphanie Vallée, présidente de la TRPOCB.

La défense des droits est non seulement une pratique transversale de l’ensemble du mouvement de l’action communautaire autonome, elle fait partie de son ADN. « Même lorsque les actions principales d’un groupe visent à soutenir des personnes pour traverser toutes sortes de difficultés, elles se combinent à d’autres ayant des retombées collectives. Cette façon de faire est généralisée chez les 3000 organismes communautaires autonomes du domaine de la santé et des services sociaux. Les mots nous manquent devant un groupe chrétien qui propose d’appauvrir des groupes luttant contre les discriminations », poursuit Mercédez Roberge, coordonnatrice de la TRPOCB.

L’un des biais de l’auteur devient apparent quand il se plaint que seuls les groupes qui défendent des causes associées à la gauche, et non à la droite, sont subventionnés par l’État. Or, aucun programme ne contient une telle distinction.

De plus, il invente la notion de « lobbyisme circulaire » pour décrire l’influence de groupes citoyens sur les décisions de l’État. Or, d’une part, le gouvernement québécois reconnait depuis 25 ans qu’il doit soutenir ces groupes, même en sachant qu’il sera critiqué. D’autre part, les groupes communautaires ne sont pas des lobbyistes au sens de la Loi, mais bien les porte-voix des populations directement concernées. « C’est plutôt l’auteur qui devient lobbyiste en utilisant les tribunes médiatiques pour promouvoir le définancement de groupes comme ceux qui défendent des personnes handicapées, des locataires, des prestataires d’aide sociale, etc. », déplore Madame Vallée.

Le mouvement de l’action communautaire autonome défend des causes légitimes. L’État doit soutenir véritablement les groupes qui y œuvrent, et ce, autant pour le soutien qu’ils apportent aux populations, que pour leurs actions de défense des droits. Des propositions comme celles d’Étienne-Alexandre Beauregard ne doivent pas être considérées.

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